Les organisateurs de ces deux jours manifestation (DBM pour l'Allemagne, Fugea, MIG, ABS pour la Belgique) ont rappelé que la situation catastrophique due à la dérégulation est inacceptable: il est urgent que tous les Chefs d'Etat et les Ministres européens de l'Agriculture prennent leurs responsabilités et respectent leurs engagements envers le monde agricole.
Que demander à nos chefs d'Etat? Une gestion de l'offre pour des prix justes... au plus vite.
"Assurer un niveau de vie équitable à la population agricole". Cet objectif constitue l'un des fondements mêmes de la PAC depuis son origine. Une formule pourtant bien creuse pour les producteurs laitiers européens, confrontés depuis près d'un an à des prix du lait largement inférieurs aux coûts de production pour une majeure partie d'entre eux.
En Belgique, les éleveurs reçoivent aujourd'hui au pire 18 cts le litre en moyenne (21,5 cts en comptant l'Aide Directe Laitière allouée au titre de la PAC). Cette situation catastrophique due à la dérégulation est inacceptable. Il est urgent que tous les Chefs d'Etat et les Ministres européens de l'Agriculture prennent leurs responsabilités et respectent leurs engagements envers le monde agricole.
Pour ce faire, une profonde réorientation de la PAC est nécessaire, axée sur une gestion efficace de l'offre et sur la Souveraineté Alimentaire. Cette réorientation implique :
* le gel immédiat des hausses de quotas décidées dans le cadre de l'Accord du Bilan de santé de la PAC (novembre 2008), ainsi que la suppression des augmentations prévues pour les années suivantes ;
* la mise en place, à terme, d'une régulation plus flexible de la production, gérée par les éleveurs et les pouvoirs publics (reposant ou non sur des quotas) ;
* une réduction de 5 % au minimum des quotas laitiers actuels (davantage si nécessaire pour garantir des prix rémunérateurs aux producteurs), en engageant au préalable un débat concerté avec les organisations agricoles sur les modalités de cette baisse ;
* l'imposition à tout producteur, dans tous les Etats membres, d'une amende immédiate au moindre litre de lait produit en excédent du quota individuel (en fct du quota national);
* la non redistribution de quotas détenus par les producteurs en cessation d'activité, sauf aux fins de faciliter l'installation de jeunes agriculteurs ;
* la réaffirmation du principe de la préférence communautaire dans le secteur du lait et des produits laitiers, par des mesures renforcées de contrôle des importations ;
* la suppression immédiate des restitutions à l'exportation dans le secteur du lait et des produits laitiers;
* la reconnaissance des associations de producteurs pour leur permettre d'être plus forts dans leurs négociations en amont et en aval de la filière.